Lundi 2 NovembreMes très chères cruches...
N'avez-vous jamais remarqué comme j'avais tendance à être excessive et à laisser les mots en dire plus que ce que moi je veux dire?
Veuillez m'excuser, la spontanéité du moment m'a empêchée de prendre assez de recul pour me rendre compte que l'origine du problème, bien souvent, c'est moi... Ou que ce que je reproche aux autres sont exactement les choses que je peux me reprocher à moi...
Loin de moi l'idée de vous offenser, pardonnez mes excès, et accordez-moi la faveur de passer outre cette tirade et de ne m'en tenir rigueur. Vos têtes de niaises me sont agréables quoi qu'il arrive, ainsi que vos boutades hilarantes et votre sens de la répartie...
Votre Cousine Adorée :D
Inlassablement, le même schéma se répète encore et toujours quand je pars en vacances avec ma famille...
Step #1: L'annonce des vacances
Je suis toute contente, voire impatiente de tous les voir, même mes cruches de cousines et mon gamin de frère. Je me dis toujours que ça va être génial, qu'on va passer des moments complètement fous remplis d'amour, de complicité familiale et d'épanouissement le plus total. Donc forcément, je dis toujours -ou presque - oui quand j'ai l'opportunité de partir avec eux.
Step #2: L'euphorie des retrouvailles
Pour l'instant, tout se passe encore bien, on est content de se voir, c'est cool, surtout que c'est pas souvent que je fais l'effort de sortir de ma petite vie lyonnaise pour passer du temps avec eux, donc c'est l'apogée de l'euphorie, je deviens aussi cruche que Charlotte l'échalote et Marie l'otarie, et c'est la grosse poilade. Yay!
Step #3: La désillusion
Et puis arrive le moment où effectivement, je suis en vacances avec ma famille, et que plus rien ne va. Ils parlent tous trop fort, ils me fatiguent, il disent n'importe quoi... Mais le pire, le pire du pire, c'est que JE SUIS TOUJOURS PLUS OU MOINS CONSIDEREE COMME UNE GAMINE.
Les enfants, on débarrasse la table! --> Et qui est inclus dans "les enfants"? Juliette!
Bon les enfants on va se coucher maintenant! Et qui doit suivre la ribambelle de cousins pour aller se coucher à 9h du soir? Juliette!
Mercredi on va au resto, tu veux te mettre à la table des enfants ou des adultes??
-_-
C'est insupportable.
Du coup je deviens ultra chiante, je râle, je grogne, je traîne les pieds, je ne fais aucun effort et je compte les heures avant la séparation. Alors tout le monde est énervé, et je ne profite de rien
Step #4: La prise de recul.
Et finalement, je rentre chez moi et je suis toute contente de ma liberté retrouvée. Et surtout du caaaaaaaaaaalme. Oh mon dieu ce que ça fait du bien. Et là, je jure que PLUS JAMAIS.
Et au bout de 2 mois, je me dis que finalement c'était quand même chouette. Et je repars l'année d'après. Et je me refais avoir. Et cætera, et cætera...
On est un peu con quand même, parfois.
Mais moi j'aimerais bien savoir, quand même: Quelle est la solution miracle pour passer de bonnes vacances en Famille??
Est-ce possible, maintenant que je ne vis plus avec eux, de ne pas être exaspérée au moindre de leurs agissements, et de les supporter plus que 2 heures??
Autrement je suis allée au cinéma voir le Ruban Blanc, palme d'or à 2009 à Cannes et franchement... Euh... Je suis sans voix. Pas vraiment parce que je l'ai trouvé éblouissant, mais surtout parce que la fin m'a laissée interloquée. Le film est d'une extrême lenteur, oppressant au possible, avec ces images en noir et blanc des année 1910, et surtout cette absence totale de musique qui a failli me rendre folle, et pendant tout le long on cherche l'action, le dénouement de quelque chose. La multitude de plans fixes a failli m'endormir, je me suis surprise à plusieurs moments à fixer le vide au lieu de regarder le film. Et finalement... Ben la fin arrive et on se dit: Tout ça pour ça??
Néanmoins, en rentrant, je n'ai pas arrêté d'y repenser, de réfléchir aux messages cachés et de me dire que j'avais de la chance de vivre à mon époque plutôt qu'à la leur. Alors mon conseil pour aller voir ce film, c'est d'être motivé, car en plus d'être lent... c'est long. Très long. Mais comme l'a dit une dame dans le Grand Journal, "il faut le voir, quitte à le détester".
Et en photo, une assez chouette de Marie Cruche ma cousine et Mathilde ma s½ur, prise par Charlotte l'échalote. Nan parce que je les aime bien quand même, ces p'tites cruches...